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| Free women of color with their children and servants, Agostino Brunias |
La communauté des Gens libres de couleur a
cessé d’exister aux abolitions. Appelés aussi Sang-mêlés ou Libres de couleur, c’est un groupe qui s’est érigé en caste sociale à part
entière avec son statut juridique distinct, dans les colonies françaises et
espagnoles.
À l’origine, la communauté comprenait exclusivement
les personnes d’ascendance africaine (ou amérindienne) partielle : biraciaux
et multiraciaux, on les distinguait des
noirs libres dont l’ascendance africaine était majoritaire ou totale. Vers la
fin des sociétés esclavagistes le groupe des gens libres de couleur incluaient également les noirs libres.
Sur les territoires espagnols, cette communauté comprenait les personnes libres du système des castes coloniales espagnoles, n’étant pas majoritairement ou totalement d’ascendance espagnole : mulato , zambo , negro criollo , negro ladino , negro bozale , rellollo , pardo , etc.
Les gens libres de couleur n’avaient pas le droit d’exercer certaines
professions libérales mais travaillaient souvent à leur compte en tant qu’artisans, commerçants ou propriétaires fonciers. Certains devenus très prospères
achetaient des esclaves. Les mariages en dehors de leur classe étaient
tabous. La communauté était particulièrement puissante à la Louisiane et à Saint-Domingue.
Sur les territoires espagnols, cette communauté comprenait les personnes libres du système des castes coloniales espagnoles, n’étant pas majoritairement ou totalement d’ascendance espagnole : mulato , zambo , negro criollo , negro ladino , negro bozale , rellollo , pardo , etc.
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| Gens de couleur libres et esclave |
À la Louisiane, la communauté était célèbre pour sa coutume du plaçage, également pratiquée en Floride et à Saint-Domingue mais moins ouvertement. Le système
du plaçage était une forme d’alliance de concubinage reconnue socialement mais
non officielle, où une femme libre de
couleur, généralement mulâtresse ou quarteronne, était entretenue par un riche
colon blanc, elle devenait alors une ‘‘plaçée’’. La pratique d’avoir une
maitresse métisse ou quarteronne était si répandue à la Nouvelle Orléans, qu’il
était de bon ton pour un Créole blanc d’avoir une placée pour assurer son
statut social. À leur puberté, les jeunes filles étaient présentées par leurs
mères aux colons et à leurs fils légitimes, lors d’un bal célèbre : Le
Grand Bal des Quarteronnes. À la suite du bal, les colons pouvait négocier avec
la mère de la jeune fille choisie, le contrat de plaçage dont les termes
d’entretien de la future placée incluaient une dote ou une pension, des propriétés,
des esclaves, la garantie de liberté de ses enfants et de leur éducation.
Les pères envoyaient parfois les fils illégitimes
étudier en France. Les gens de couleurs libres de la Louisiane jouèrent un rôle
important dans la naissance du mouvement des droits civiques lorsqu’ils furent
soumis à la violence des lois Jim Crow.
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| Un colon et sa placée, www.frenchcreole.com |
La communauté était aussi très importante à
Saint-Domingue, où elle a joué un rôle majeur dans la révolte qui donna naissance en 1804 à la république de Haiti. Toutefois, durant cette
révolution, beaucoup de gens de couleurs riches s'enfuirent pour se réfugier en France, à Cuba, Porto-Rico ou à la Louisiane.
Également, certains colons blancs s'enfuirent avec leur placée et ses enfants.


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