Le Kalinda est
un art de combat caribéen avec manipulation de bâtons, inventé par les esclaves
s’inspirant des
techniques d’arts martiaux africains.
Il fut popularisé aux Antilles au début du XVIIIè siècle, puis à la Louisiane et la Nouvelle-Orléans par le biais des esclaves Antillais qui y furent amenés.
Il fut popularisé aux Antilles au début du XVIIIè siècle, puis à la Louisiane et la Nouvelle-Orléans par le biais des esclaves Antillais qui y furent amenés.
“Stick Fighting, Dominica, West Indies.” De
Agostino Brunias (1779). La légende indique : « Cette pièce représente un combat entre un nègre français et un nègre anglais
sur l’île de Dominique ».[1]
Pratique du Kalinda
Art martial
redoutable, on l’appelait également « mayolé sang » en Guadeloupe, où
les guerriers utilisaient parfois le boutou,
sorte de massue en bois d’un mètre de long, avec lequel ils fracassaient le
crâne de leurs adversaires. Très vite les planteurs interdirent la pratique du
Kalinda y voyant une menace. L’article 15 du Code noir stipulait : « Défendons
aux esclaves de porter aucunes armes offensives ni de gros bâtons, à peine de
fouet et de confiscation des armes ... ».[2] Les esclaves continuèrent
à le pratiquer clandestinement. En Louisiane, considéré comme indécent (les
combats ou mimes de combat se faisant quasi nus), le Kalinda fut interdit dans
l’Etat en 1843, mais on continua là encore à le pratiquer clandestinement. [3]
Évolution
du Kalinda
Au fil du temps
le Kalinda s’est dépouillé de sa violence, il a évolué vers une forme de danse
de combat ou alors de danse folklorique, il revêt également quelques fois une
forme ludique : ôter le chapeau de l’adversaire, lui toucher le flanc ou
manipuler une bouteille d’eau sans en faire tomber l’eau. La musique qui accompagne les gestes de Kalinda
ainsi que les chants, portent le même nom. Le chant Kalinda est souvent basé
sur le système Soliste/Répondeurs ; à Trinidad la musique Kalinda fait
partie des traditions carnavalesques, on organise aussi des compétitions de
combats durant cette période.[4]
Aujourd’hui le Kalinda (danses, musiques
ou danses de combat) est pratiqué sur plusieurs îles et en Louisiane. C’est un
patrimoine Africain-Caribéen avec différentes désignations : Haiti (Konba
Baton, Calinda) , Barbade (Stick-Licking ou Stick Science), Martinique (Ladja Baton, Jès Djéryé
ou Caleinda), Dominique (Stick Fighting ou Kalenda), Jamaïque (Stick Licking),
Guadeloupe (Sové Vayan, Danmyé ou Mayolé ), Trinidad
(Kalinda), Cuba (Mani), Curaçao (Koko Makaku), Louisiane (Komba Baton ou
Calinda), Grenade et Cariacou (Stick Fight ou Calinda), Porto Rico (Mani ou
Stick Fighting), République Dominicaine (Stick Fighting), Nouvelle-Orléans
(Calinda).[5] [6] [7]
La légende indique « Calinda
danse des nègres en Amérique ». François Aimé Louis Dumoulin (1770s).
Grenade. [8]
Grenade. [8]
Art
de la guerre et philosophie mystique
Le Kalinda dans
sa forme pure fait partie des techniques de combat que les afro-caribéens
utilisaient pour se défendre ou attaquer leurs oppresseurs: révolution
haïtienne, défense des communautés de marrons, soulèvements sur les
plantations, attaques des plantations par les marrons, élimination des
chasseurs de marrons.
Il revêtait aussi un aspect mystique et les combattants étaient craints du reste de la population : le pouvoir du guerrier qui pouvait se réfugier dans les montagnes, était de dompter la nature en faisant corps avec son bâton, l'occasion de recharger l'énergie vitale car la nature était synonyme d'énergie. La tradition orale témoigne de ces anciennes pratiques, donnant matière à de nombreuses interprétations. En Guadeloupe on appelait cela « monter au bâton. [9]
Il revêtait aussi un aspect mystique et les combattants étaient craints du reste de la population : le pouvoir du guerrier qui pouvait se réfugier dans les montagnes, était de dompter la nature en faisant corps avec son bâton, l'occasion de recharger l'énergie vitale car la nature était synonyme d'énergie. La tradition orale témoigne de ces anciennes pratiques, donnant matière à de nombreuses interprétations. En Guadeloupe on appelait cela « monter au bâton. [9]
La légende
indique « Combats et jeux des nègres ». Francois Aime Louis Dumoulin
(1770s).
Pandy Beach, Grenade.[10]
Pandy Beach, Grenade.[10]
Origine
des techniques de Kalinda
L’origine du Kalinda n’est pas clairement établie. Dans les grandes Antilles on dit que les techniques de Kalinda sont nées sur Hispaniola, puis se sont répandues dans les autres îles. En Guadeloupe, on dit qu’un esclave du nom de Jacombé aurait introduit cet art sur l’île.[11] À Barbade, la tradition veut que des soldats de l’empire Kongo capturés comme prisonniers de guerre et réduits en esclavage, aient introduit les techniques sur l’île.[12] En créole, «ladja» peut venir d'une palatalisation de «lagya» ; selon Cheik Anta Diop en Wolof « lag » désigne les « seigneurs de la guerre », « ya » désigne « ceux ». On aurait affaire ainsi à « ceux qui font la guerre », c'est-à-dire l'ordre des guerriers dans le Ladja Baton (Josy Michalon). Les mots «Danm », « Gamm » veulent dire « qui connaissent», c'est-à-dire les initiés ; « yé » ou « ya » signifient « ceux ». On aurait donc affaire à « ceux qui sont initiés » dans le Danmyé. [13]
L’origine du Kalinda n’est pas clairement établie. Dans les grandes Antilles on dit que les techniques de Kalinda sont nées sur Hispaniola, puis se sont répandues dans les autres îles. En Guadeloupe, on dit qu’un esclave du nom de Jacombé aurait introduit cet art sur l’île.[11] À Barbade, la tradition veut que des soldats de l’empire Kongo capturés comme prisonniers de guerre et réduits en esclavage, aient introduit les techniques sur l’île.[12] En créole, «ladja» peut venir d'une palatalisation de «lagya» ; selon Cheik Anta Diop en Wolof « lag » désigne les « seigneurs de la guerre », « ya » désigne « ceux ». On aurait affaire ainsi à « ceux qui font la guerre », c'est-à-dire l'ordre des guerriers dans le Ladja Baton (Josy Michalon). Les mots «Danm », « Gamm » veulent dire « qui connaissent», c'est-à-dire les initiés ; « yé » ou « ya » signifient « ceux ». On aurait donc affaire à « ceux qui sont initiés » dans le Danmyé. [13]
Konba
Baton. [14]
Pour la suite…
Le Kalinda fait
partie de la famille des traditions d’arts martiaux de la diaspora africaine des
Amériques. D’autres arts martiaux afro-américains sont à découvrir pour les
curieux, entre autres : Capoira, Bènaden, Bénolè, Danmyé (martiniquais), Ag'ya,
Bangaran, Machet'e, Pinge, Bate Coxa, Batuque, Luta do Bode, Susa, Broma,
Jailhouse Rock, Kicking and Knocking, Kwa Asilia Avita Sanaa, Wolo, etc. [15]
Pour d'autres découvertes passionantes sur la Caraïbe et ses habitants, visitez mon blog Caribooboo ici.
[2] Les luttes dansées (Le mayolé ou konba baton)
par Evariste zephyrin at http://www.pyepimanla.com/mars-2008/articles/actualites/le-mayol%E9.html
[4] Calinda at http://en.academic.ru/dic.nsf/enwiki/2427036
[5] Les luttes dansées (Le mayolé ou konba baton)
par Evariste zephyrin at http://www.pyepimanla.com/mars-2008/articles/actualites/le-mayol%E9.html
[6] Bajan stick licking From Wikipedia, the free
encyclopedia
[9] Le
mayolé, une « danse au bâton » synonyme de résistance culturelle, Magazine
'Destination Guadeloupe' : n°22 :: Mars Avril Mai 2006.
[10] http://www.spiceislandertalkshop.com/cgi-bin/talkrec.cgi?submit=lt&fid=f1&msg_num=839365
[11]
Le mayolé, une « danse au bâton » synonyme de résistance culturelle, Magazine
'Destination Guadeloupe n°22 : Mars Avril Mai 2006
[12] Bajan stick licking From Wikipedia,
the free encyclopedia
[13]
L’unité des arts de combat martiniquais at http://zwazo.pagesperso-orange.fr/jesdjerye2.htm
[15] African and Caribbean Martial Arts List at http://www.martialtalk.com/forum/showthread.php/12661-African-and-Caribbean-Martial-Arts-List
Sources




Merci pour cette découverte. ^_^
ReplyDeleteAs-tu déjà entendu parler du "Djokan" en Guyane? Je suis tombée là-dessus l'année dernière. Je suis restée assez perplexe et n'ai pas encore fait de plus amples recherches.
Voici un lien pour avoir plus d'informations : http://www.djokan.org/